Une plante, une fleur, un blogueur....
Par magalie le mercredi 3 octobre 2007, 11:22 - fleuriste - Lien permanent
Un bleu presque introuvable dans la nature, une fleur éphémère, qui pousse en 100 jours et qui meurt en 24h. La fleur de lin, par sa simplicité, sa rareté et sa beauté est de loin ma préférée !
Seb, nous fait partager son avis sur la fleur de lin....
Le lin cultivé (Linum usitatissimum) est une plante annuelle de la famille des Linacées cultivée principalement pour ses fibres, mais aussi pour ses graines oléagineuses. Les fibres du lin permettent de faire des cordes, du tissu, ou plus récemment des charges isolantes pour des matériaux de construction. Les graines sont utilisées pour produire de l'huile et des aliments pour animaux. Le lin est une des rares fibres textiles végétales européennes. Elle a la particularité d'être une fibre longue (plusieurs dizaines de centimètres), par rapport aux fibres courtes (le coton) ou moyennes (la laine)
Culture
Champs de lin
La culture du lin est particulièrement délicate. En effet, planté au printemps, le lin pousse en « 100 jours ». Cette courte période végétative rend difficile tout rattrapage en cas d'incident (mauvaise levée, condition climatique défavorable...). Le lin doit pousser suffisamment pour avoir un rendement satisfaisant, mais pas trop sinon il est trop fin. Plus il grandit, plus il devient sensible à la verse. Parfois pour limiter la croissance et favoriser la solidité des fibres, on utilise des produits chimiques appelés « régulateurs ».
Le lin, ayant une racine pivotante, doit être planté dans une terre finement préparée. Cette préparation de terre puis le semis nécessite des conditions climatiques optimales, et un réel savoir-faire de la part de l'agriculteur. Surtout qu'un loupé peut compromettre la récolte.
Par ailleurs, le lin est une plante exigeante pour les terres, d'autant plus que toute la plante, racine comprise, est récoltée, exportant beaucoup de matières organiques hors des champs. Les rotations de lin se doivent donc d'être très lente, au minimum 5-6 ans entre deux cultures sur une même parcelle. Itinéraire technique :
Le liniculteur choisit la variété de lin textile suivant les caractéristiques de chacune d’entre elles et les particularités de ses parcelles.
En fonction des conditions climatiques, les semis ont lieu entre le 1er mars et le 15 avril. 120 kilos de semences certifiées sont alors semées par hectares pour obtenir un peuplement d’environ 1.800 plantes au mètre carré. Cette densité assure le meilleur rapport entre le rendement, la résistance à la verse et les qualités de fibres.
Le lin est une culture qui demande peu d’engrais et peu de produits phytosanitaires. A ce titre sa culture contribue pleinement à la préservation de l’environnement.
Son cycle végétatif est rapide avec une centaine de jours seulement. 6 semaines après les semis, le lin arrive déjà à une hauteur de 10 à 15 cm. Capable d’une croissance de plusieurs cm par jour dans des conditions optimales, la plante atteint alors une hauteur de 70 à 80 cm en une quinzaine de jours. Cette période correspond à l’élongation des fibres et au remplissage des cellules fibreuses.
La floraison intervient autour du 15 juin, les champs se parent alors d’une subtile couleur bleue pendant à peu près une semaine. Les fibres ont alors atteint leur longueur maximale. Les capsules contenant les graines vont se former au cours des 15 jours suivant la floraison.

La récolte commence vers le 15 Juillet, les lins vont d’abord êtres arrachés et ensuite déposés au sol sous forme d’andains par les arracheuses.
Rapidement, après l’arrachage, les lins vont être écapsulés. Les ecapsuleuses-batteuses vont reprendre les andains afin de récupérer les graines de lins. Après avoir été triées et traitées, ces graines serviront de semences pour l’année suivante.
En fonction des conditions climatiques, des caractéristiques des lins semés et des parcelles, les lins vont rester au sol entre 2 semaines et 2 mois pour le rouissage.
Favorisée par l’alternance de la pluie et du soleil, une action enzymatique dégrade les pectines qui lient les fibres à la paille. Les liniculteurs vont alors retourner les pailles en cours de rouissage pour obtenir un résultat homogène. A la fin du rouissage, lorsque les pailles sont suffisamment sèches, elles vont êtres enroulées puis elles seront stockés chez le liniculteur avant leur passage au teillage pour séparer mécaniquement les pailles et la fibre.
Traitement des fibres
Rouissage
À maturité le lin est arraché, et non pas fauché, et couché dans le champ en andains. Commence alors la période de rouissage.
Le rouissage est la dissociation des parties fibreuses de la plante en éliminant la pectose qui soude les fibres (filasse) à la partie ligneuse sous l'action combinée du soleil et de la pluie. Le rouissage nécessite suffisamment d'eau pour que la sève et les résines qui collent les fibres entre elles disparaissent, mais pas trop pour que les fibres soient intacts.
Le rouissage est une opération très importante de la production de lin. C'est lui qui fait en grande partie la qualité du lin. Il existe plusieurs techniques de rouissage. Traditionnellement en Belgique et en France le rouissage s'effectuait en rivière où l'on faisait tremper les bottes, donnant à l'eau une couleur rousse occasionnée par la décomposition bactérienne; cette technique est interdite par l'Union Européenne pour des raisons environnementales. Le rouissage à l'eau en cuve quant à lui a quasiment disparu depuis les années 1980. On est alors revenu à la technique la plus simple, le rouissage sur champ où le lin est étendu sur le champ pendant plusieurs semaines. Mais il est tributaire du temps qu'il fait. Si le lin est trop roui, il est brûlé dans le champ (obligatoire, car les fibres pourrissant difficilement et donc lentement, favorisent des maladies pour la culture suivante). Si le lin n'est pas assez roui, il est non teillable et donc invendable. Le vent est aussi un ennemi du lin. En cas de grands vents, on retrouve le lin en paquet emmêlé en bout de champ.
Toutes ces difficultés font que la production de lin est limitée à certaines régions et très hétérogène d'une parcelle à l'autre (un orage localisé suffit pour changer la qualité). Comme pour le vin, on parle souvent de cru et de terroir pour le lin.
La forte probabilité d'une mauvaise récolte (on parle d'une bonne récolte tous les 10 ans) voire la possibilité de tout perdre font du lin une culture peu intéressante d'un point de vue purement économique. Par contre, le lin est une tête de culture qui permet une terre de meilleure qualité pour avoir de meilleures récoltes sur des plantes plus faciles.
Teillage
L'étape suivante est le teillage. Le teillage est la séparation des fibres du bois de la plante. Le mot vient de tilleul, le teil, qui était aussi utilisé pour extraire des fibres. Lors du teillage, les graines de lin sont récupérées, puis la tige est battue pour enlever le bois. Les morceaux de bois récupérés sont appelés les « anas ». La fibre ainsi récupérée est séparée en fibre longue et en fibre courte (les « étoupes »).
PROCEDE DU TEILLAGE :
Après la récolte les pailles de lin sont travaillées tout au long de l’année dans nos usines de teillage. Cette première transformation de la paille a pour but d’extraire les fibres des tiges rouies. Arrivées à l’usine, les pailles sont déroulées et étalées sous forme d’une nappe. Le travail de l’opérateur est très important pour obtenir une nappe bien régulière, dont la densité est d’environ 2kg par mètre linéaire. Les tiges passent dans un égaliseur pour être parallélisées.
Lors de l’étirage, l’épaisseur de la nappe diminue progressivement en passant entre une série de disques dentés. Durant cette phase, sa vitesse linéaire est multipliée par 8 par le diviseur.
Les pailles sont ensuite broyées par des cylindres cannelés, à grosses dentures au début puis à fines dentures par la suite. Elles passent sous la cannelures des rouleaux avec un angle proche de 90° pour rendre le broyage plus efficace.
Cette opération se fait alternativement coté pied, le bas de la tige, et coté tête, le haut de la tige. Les fragments de pailles, appelés anas, sont récupérés par aspiration.
Lors de l’écangage, les fibres sont nettoyées par des tambours, munis de lames de faible épaisseur. Elles frottent les tiges à une vitesse proche de 200 tours/min. Cette vitesse est adapté en fonction des caractéristiques de chaque lot de paille. L’opération est effectuée successivement côté pied et côté tête.
Les fibres courtes ou étoupes, moins résistantes, sont récupérées par aspiration sous la teilleuse. Le restant des anas est décollé en même temps.
En bout de ligne, les opérateurs font un tri afin d’homogénéiser les lots. Le lin teillé ou fibres longues est conditionné en balles ou en rouleaux d’environ 100 kg.
Ces fibres longues représentent 20 à 25 % de la plante. Un hectare de lin produit en moyenne entre 1 200 et 1 400 kg de lin teillé.
Les anas et les étoupes sont ensuite séparés par un secoueur. Les anas, qui représentent 50 % de la plante seront valorisés dans la fabrication de panneaux agglomérés ou en litière pour chevaux. Les étoupes sont destinées au marché textile, aux débouchés techniques ou à la papeterie selon leur qualité.
Peignage
Le peignage est la seconde transformation du lin. C’est une préparation du lin teillé pour la filature. Les faisceaux de fibres vont être divisés et parallélisés.
L’opérateur forme une nappe à partir du lin teillé. Celle-ci doit être la plus régulière possible pour que le peignage se réalise dans de bonnes conditions.
Les peignes sont garnis d’aiguille de plus en plus fines, ils sont supportés par des tabliers rotatifs.
Les fibres vont être divisées de plus en plus finement au cours de leur avancée.
Le peignage des pieds se réalise en premier puis dans un deuxième temps celui des têtes.
En sortie de peigneuse, les fibres sont présentées en poignées grâce à l’action du séparateur situé entre le travail des pieds et des têtes.
Une pince les saisit et les dépose de manière à ce qu’elles se chevauchent sur une étaleuse.
Des barres munies de pointes appelées gills permettent de maintenir les fibres parallèle et de contrôler leur masse pendant qu’elles ont étirées par un rouleau en bois.
Un ruban de lin peigné est ainsi formé.
Les pots de ruban pressés aussi appelés bumps d’une longueur de 600 m à d’un kilomètre, selon les spécifications des clients, sont identifiés et conditionnés pour être expédiés en filature.
Utilisations
Les fibres peuvent être ensuite cardées, peignées et mises en ruban. Les caractéristiques techniques de la fibre de lin sont assez exceptionnelles. Le lin peut absorber beaucoup d'eau. C'est une fibre très résistante et très très fine. Elle a l'avantage par rapport à ses concurrentes synthétiques de ne pas souffrir des UV du soleil.
Les fibres longues, la partie la plus noble, sont utilisées par la confection de luxe. Mais le lin est défavorisé car sa filature nécessite des machines longues fibres plus rares, et donc plus chères, que les machines fibres courtes pour le coton et la laine. Il existe néanmoins des procédés pour couper les fibres en morceaux de quelques centimètres pour les passer sur les métiers à tisser coton.
Les fibres courtes, les « étoupes » étaient valorisées en papier ou en ficelle. De nouveaux débouchés sont apparus tirant parti des qualités du lin. Ainsi on trouve des étoupes de lin dans le rembourrage de siège (le lin absorbe la transpiration) ou comme charge dans les moulages plastiques pour améliorer la solidité en remplacement de la fibre de verre (dans les pare-chocs par exemple).
Les « anas » sont aussi valorisables. On en fait des panneaux de bois agglomérés, des litières pour animaux domestiques (toujours les capacités d'absorption du lin), en tant que couvre-sol en horticulture ou comme matière isolante.
La graine de lin sert à l'alimentation animale mais aussi humaine. Elle est riche en oméga 3 et en acide linoléique (ALC).
Son huile est utilisée pour la fabrication des peintures.
Le lin est également utilisé pour fabriquer le linoléum, revêtement de sol très répandu, isolant et facile à entretenir.

Commentaires
Merci pour cette petite mise en avant !
Très jolie fleur, un petit air de violette ?
Merci à toi Magali pour cette belle initiative de marrier blogueur et nature. Et merci à chacune et chacun d'avoir jouer le jeu...
Outre la mise en avant de nos blogs, elle fait de nous des amateurs jardiniers un peu plus instruits, et parle probablement d'une part de nous mieux que le meilleur des CV
Sylvie
Bravo, le lin est ma fleur favorite . Il est inconnu du public et il mérit§e qu'on lui face de la publicité et qu'on le cultive. Son coté ephemere est incroyable. Le bleu est irréel. j'ai gardé des pétales asecher pour en decorer des lettres d'amour... c'est un matériau ecolo dont je voudrais me servir dans la construction navale
a bientot pierre
JE fais un film dans lequel je parle du lin:
auriez-vous un champ de lin fleuri filmé en qualité DV
au minimum, et de bonne qualité d'images?
je suis prêt à en acheter les droits.
C'est pour une exposition à la cité des sciences de paris.
Merci de votre aide!
Salut,
Au risque de faire mon rabat joie, vous ne parlez ici que du lin fibre (cultivé principalement à destination du textile) et de ces co-produits.
Le lin graine est encore plus riche en oméga3, sa technique de culture et ces valorisations sont toutes aussi intéressantes.
Il existe actuellement de nombreuses recherches et volontés de valorisations sur les plantes à fibres (le lin, le chanvre, l'ortie ...).
Pour les films, en octobre ce n'est pas gagné. Vous pourrez peut être demander à l'Institut Technique du Lin.
Par ailleurs et de mémoire, toutes les variétés de lin n'ont pas la même couleur. Les bleus (bien qu'ils soient très beau) sont une couleur devenue dominante par l'action des sélectionneurs.
Bonne journée à tous.
Cordialement,
Jérémy
Bonjour,
Je suis actuellement en BTS audiovisuel à Rouen. Dans le cadre de l'épreuve d'examen de BTS, je travaille sur un projet dont le thème est "Le lin en Haute Normandie". Pour ce faire, je souhaiterais utiliser la photographie de capsule de lin qui figure sur cette page de votre site internet. Je vous informe qu'avec votre accord, cette image serait intégrée à un montage qui ne sera visionné que dans le cadre strict de l'épreuve et ne sera en aucun cas diffusé.
En espérant que vous pourrez accéder à ma demande d'utilisation de vos imagesassez rapidement, et restant à votre disposition pour d'éventuelles informations supplémentaires, je vous remercie par avance de l'attention que vous porterez à ma requête.
Mercie de me répondre par mail à l'addresse suivante
Marion FAVIER
dou_little@hotmail.fr
BTS audiovisuel, lycée Pierre Corneille ROUEN
Bonjour, je travail actuellement , sur des fibres vegetales qui auraient servir a fabriquer , du fil , des cordes , des filet , au Mesolithique , ( 8000ans av J C ), dans un climat tempéré humide . Le lin , sous une forme sauvage , a -t- il pu existera cette periode de la prehistoire ?